LA VIE QUOTIDIENNE

 A MONDAVEZAN AU DEBUT DU XX°SIECLE

A Mondavezan, comme ailleurs dans la plupart des villages de France, la vie de tous les jours était rythmée par les saisons et le travail agricole.

Ce que nous allons rapporter ici, nous le retrouvons dans la plupart des romans de terroir (écrits eux par de vrais romanciers). Nous avons rencontré des femmes et des hommes de Mondavezan qui nous ont conté leur vie d’avant. Nous, nous allons l’exprimer à travers leurs mots.

« On vivait à l’heure solaire, soit une heure de moins en hiver et deux en été. La vie était réglée par le rythme biologique des animaux. On se levait à l’aube pour les soigner, puis c’était les travaux des champs. L’angélus nous servait de montre. Quand on s’était trop éloigné, on emportait le casse-croûte dans les champs. Avant, quand les gens se rencontraient, on s’arrêtait de travailler pour discuter ou boire un coup. » (Jean Gros)

« Dans les maisons, il y avait plusieurs générations et c’est le plus âgé qui commandait. Ici, il y a eu jusqu’à quatre générations. Il y a eu mon arrière-grand-mère. Il y avait des accrochages de temps en temps, mais en général, les plus jeunes se pliaient. « Mingeo et carro ». C’était comme ça, et on l’acceptait. »(Marius Fourcade)

« Des fois, tu voyais deux voisins discuter plus d’une heure. Et maintenant, on n’a plus le temps. Qu’est-ce qui se passe ? C’est le confort et la télé qui ont tout tué ? » se demande (Clémentine Arrouy.)

« Avant, les gens étaient toujours dans les maisons, mais maintenant, ils travaillent à l’extérieur et les maisons sont toujours fermées. » (F. Cazalé)

« A l’époque, si on était agriculteur, on vivotait. On vivait avec le lait. On mangeait, c’est tout. Mais à l’époque, c’était comme ça pour tout le monde. Quand on était à Mondavezan (Bernissa), on dormait tous dans la même chambre, avec mes parents. Il y avait une chambre et une cuisine c’est tout. Ici (Baylac) en bas, il y avait un peu plus de place.(C.Todeschi)

 

LA TABLE DES MONDAVEZANAIS 

On mangeait différemment selon les saisons, mais toujours, quotidiennement, des pommes de terre.

   «  On commençait par exemple en mai juin avec les fèves, soit en soupe avec du confit de cochon et plus rarement en ragoût. Ensuite, venaient les haricots en grains et on arrivait à la saison des choux. En hiver, on alternait entre les soupes aux choux et les soupes de haricots secs et parfois de fèves séchées agrémentées de confit d’oie. Quand c’était la saison des fèves, on avait des fèves tous les jours. Les desserts étaient peu variés : c’était fruits de saison (cerises, prunes, poires, figues, raisins et pommes) et confitures. Pour les vendanges, on gardait toujours les meilleurs raisins que l’on suspendait au plafond pour les faire sécher.

Quand on avait des pommes de terre nouvelles au jardin, on mangeait toujours les premières un dimanche, comme le repas était toujours un peu mieux qu’en semaine. Quelquefois, il y avait du poulet ou un peu de viande de boucherie. De temps en temps, une poule. On s’est habitué à manger de la viande dans nos campagnes, pendant la guerre, avec l’abattage clandestin. Chaque village avait deux ou trois abatteurs, et on allait se ravitailler, sans le crier sur les toits. Quand les bœufs avaient bien travaillé, on les engraissait et on les vendait au boucher de Cazères. Le boucher donnait en général, une entrecôte et un morceau de pot au feu.

C’était la personne qui pouvait le moins travailler dans les champs qui se chargeait de la cuisine. Il n’y avait pas cinquante plats. Il y avait la soupe, les légumes de la soupe, du confit s’il y en avait et point à la ligne. C’était tout. Une pomme, du fromage s’il y en avait.

Quand on tuait le cochon, on faisait les saucissons, et on commençait à manger ces saucissons le jour de Pâques, après la messe. On gardait « le mariot » qui était un gros saucisson fait avec le colon, il y avait beaucoup de viande et c’est ma grand-mère qui faisait ça avec tout un protocole, pour l’année d’après, quand on refaisait le cochon. Le matin, on déjeunait avec « le mariot » de l’année d’avant. S’il avait bien conservé, c’était excellent. Mais ça conservait mieux que maintenant. Ils regardaient la lune, ils ne tuaient pas le cochon si ce n’était pas la lune vieille.  » (M.Fourcade)

« A l’époque, on n’avait pas besoin de beaucoup d’argent et il n’y en avait pas beaucoup. C’est pas difficile, on avait de tout. On pouvait se suffire. On n’achetait rien que l’huile. Un litre d’huile avec toujours la même bouteille, une bouteille en verre. Il fallait qu’elle se casse pour la remplacer, la bouteille en verre ! » (Louis Bistes)

« Avant, les gens ne vivaient pas trop bien. Chez moi, le couloir était rempli de pommes de terre et on en mangeait beaucoup. Le père d’Irène était domestique à Lescuns et pour le petit déjeuner, il n’avait que la moitié d’un oeuf. Du vin, on n’en buvait pas, on le vendait. On mettait de l’eau dans la vendange et on buvait ça, c’était la piquette. On mangeait surtout ce qui était récolté au jardin. Des pâtes (des macaronis), on en mangeait quand il y avait une corvée. On faisait le vermicelle. » (Irénée Sajous)

 

Tout le monde est d’accord sur ce point: la nourriture était bien moins variée qu’aujourd’hui et on ne mangeait quasiment que ce que l’on produisait. Pourtant foires et marchés étaient très prisés, mais on y vendait plus qu’on y achetait….

« La vie était ponctuée par les jours de foire à Cazères ou au Fousseret où chacun allait vendre ses produits selon la saison. Toute l’année : bovins, porcs, volailles, ensuite les produits plus saisonniers comme les foies gras, les oies grasses et les canards gras. A la mi-novembre, à Cazères, se déroulait la foire aux mules, animaux très rustiques et très résistants qui avaient une grande valeur. Il n’y avait pas tous ces déchets; on récupérait les cageots au marché tant qu’ils pouvaient servir, on allait chercher l’huile avec la bouteille d’huile en verre.»

(M. Fourcade.)

« Quand on arrivait à Cazères, il fallait trouver un endroit pour attacher le cheval et la charrette. Nous, notre point d’ancrage était le garage Rivière. En fait, on n’allait à Cazères en général que tous les quinze jours pour la foire et la quinzaine, les autres samedis étaient petits marchés, il n’y avait pas grand-chose. Les gens allaient vendre leurs œufs, leurs poules, les lapins. Certains venaient vendre leurs bœufs à Cazères depuis Francon. Ils essayaient de les vendre à tout prix, parce qu’ils ne voulaient pas les ramener le soir. Ca prenait un sacré temps, parce que le bœuf était un animal puissant mais lent. D’autres amenaient les cochons, à pied, avec un chien et un bâton, à la foire à Aurignac et parfois jusqu’à Samatan, alors ils partaient la veille. »(J.Gros.)

« La plupart du temps, on se déplaçait à pied. Quelquefois, en vélo pour aller à Cazères, mais s’il y avait des animaux à amener pour aller au marché, on allait à pied. Les oies, les cochons, on les amenait à Cazères à pied. Si tu avais une douzaine d’oies, tu en vendais la moitié et tu gavais les autres. Les cochons, parfois, on les portait avec les vaches et le chariot. Les vaches, on les enfermait dans une remise pour les faire manger. Elles étaient comme nous, habituées à marcher. Le vin, on allait le porter à Cazères aussi, avec les vaches et la charrette, à pied. Quand les vaches passaient devant la tannerie, elles étaient comme folles. Ca sentait l’odeur de viande, parce que dans les dépôts, il y avait de la viande pourrie. » (Louis Bistes)

« Le samedi, on allait à la foire à Cazères pour vendre les poulets. On y allait à vélo avec un porte-bagages devant pour porter les poulets, et avec ces poulets on achetait l’alimentation. »  (C. Arrouy)

« On allait à la foire le mercredi au Fousseret ou le samedi à Cazères. On partait au marché avec les oies, les poulets, les œufs et on achetait du ravitaillement au retour. »

(F. Dangla)

« On vendait les veaux, les cochons quand on pouvait en vendre, les oies. On ne faisait pas de conserve comme maintenant, on vendait les oeufs. Avec un panier d’œufs, on faisait les commissions pour la semaine. On achetait le savon, le café, l’huile, le vermicelle, les pâtes. On faisait un peu de vin avec la vigne. S’il y en avait en supplément, on en vendait un peu. »        (T. Cazeneuve)

Au village, il y en avait deux épiceries et il y avait aussi des commerçants qui passaient en tournée.

   « Il y avait l’épicier qui passait : Monsieur Barrère de Martres. Le boucher du Fousseret avait loué une pièce à côté de chez Madeleine et s’installait le dimanche matin à la sortie de la messe. »

(Henriette Vidal)

« On achetait à l’épicerie chez Roques, et il y avait aussi l’Epargne à un moment donné. Enfin, nous, on achetait chez Roques. Il y avait quelques épiciers de passage. Plus tard, ça a été Eychenne, le maire de Salles. »

(Louis Bistes)

« Pas d’épicier à domicile. Nous on allait à l’Epargne au Fousseret. C’était Berges l’épicier de Lavelanet qui passait. Le boulanger était Roques. Au début, il ne livrait pas le pain à domicile, il fallait aller le chercher. » (Fernand Cazalé)

« A Lescuns, l’épicier passait aussi avec le cheval, c’était Barrère de Martres, il y avait aussi le « califat » c’était la ruche méridionale qui passait avec un cheval. Ils avaient un chariot attelé au cheval avec un peu de marchandise : sucre, café, pâtes et sous le chariot, il y avait une corbeille pour mettre les œufs. Et avec les œufs de la semaine, on se payait les courses, et même, des fois, il restait de l’argent. »

(Irénée Sajous)

Et puis il y avait le boulanger… Là, tout est différent d’aujourd’hui puisqu’il était payé avec le blé récolté.

   « Quand tu avais dépiqué ton blé, tu l’amenais chez le boulanger, et un sac de blé (qui faisait 60 kilos) te donnait droit à du pain. (Avec douze sacs de blé, tu avais à peu près payé le pain d’une année). Si tu en prenais plus, soit tu payais le supplément, soit tu ramenais du blé. Tu faisais l’avance du blé au boulanger et après tu avais un carnet. Mais avant, comme les gens ne savaient pas lire et écrire, j’ai entendu dire par Julie (Lagarrigue) que tu avais un morceau de bois et chaque fois que tu prenais le pain on faisait une marque dessus, d’où le nom de « marque » pour les pains. A la fin de l’année, tu faisais le point (à l’époque on ne se contentait pas d’une flûte par jour, mais il nous fallait deux kilos de pain car on faisait la soupe à midi et le soir avec ; il y avait une dizaine de personnes par famille et quand on se mettait à table, on nous disait « mettez du pain ! ». Et ceux qui n’avaient pas ramassé assez de grain et qui ne pouvaient pas payer le boulanger, se retrouvaient au bout de trois ou quatre ans, endettés au point de devoir vendre un champ ou, à la longue, se voir saisir toute la propriété. »

(Thérèse Cazeneuve)

   « On donnait du blé au boulanger pour avoir du pain. Chaque fois que l’on prenait du pain, il faisait une marque sur le carnet. Il fallait avoir du blé pour avoir du pain . A Mondavezan, la plupart des habitants vivaient de la terre et pouvait payer le pain avec le blé. Certains ne pouvant payer le boulanger étaient obligés de céder leurs terres. Le premier pain était le pain noir. » (Odile Saint-Blancat)

« Dans les fermes, on vendait le blé ; soit on l’amenait à un marchand de grain, soit on en donnait à Roques. L’ONI c’était un organisme qui collectait le blé. Chez Roques, on montait le blé à la chaîne au premier étage. Cazalé faisait le pain chez lui. Chez nous aussi, il y avait un four à pain mais on l’a démoli après la guerre. Il ne tenait pas debout. » (Albert Laffont)

« Les céréales, nous on ne les amenait pas à la minoterie, on les gardait pour les bêtes sauf 10 ou 15 sacs qu’on amenait chez Roques qui, en échange, nous donnait le pain pour toute l’année. Le pain n’était pas cher à cette époque-là. Le blé servait aussi à payer le forgeron (pour l’entretien des charrues à l’année), le curé ou le médecin. Le pain, c’était des « marques » de deux ou trois kilos qui conservaient toute la semaine. Ici, avant, il y avait un four, mais nous, on ne s’en est pas servi pour faire du pain. Je me souviens qu’à une époque, ma grand-mère faisait du pain dans le four de la cuisinière. Ca devait être pendant la guerre. Avant les minoteries, les gens allaient faire moudre leur grain chez des meuniers sur la vallée de la Louge (Bachas, Montoulieu, Montégut, Terrebasse, au Fousseret…) »

(M. Fourcade)

Une histoire de moyen

Certes les maisons manquaient de confort, mais…

   « Les riches faisaient les matelas en laine, les autres, en balle d’avoine. » (L. Bistes)

« On tuait les oies pour ramasser le duvet pour faire les édredons. Il fallait trente oies pour en faire un. On les plumait à sec. On le vendait, sauf quand on se mariait, là on le gardait. »  (Claudine Cazalé)

   « On dormait sur une paillasse faite avec des feuilles de maïs. Mme Cazalé a parlé d’une tradition d’édredon fait avec la plume de trente oies, mais ça doit être propre à Castelnau-Picampeau car ici, on n’en a pas entendu parler. » (Simone Sengès)

LE CHAUFFAGE

   « On se chauffait uniquement à la cheminée. On se chauffait devant et on se gelait derrière, car il fallait laisser la porte ouverte à cause de la fumée. » (F.Dangla).

LE MENAGE

On y passait moins de temps que de nos jours, mais Léonie Baqué nous raconte que son mari tenait à avoir la maison propre aussi.

« Avant de partir travailler dehors, il fallait passer le balai et la serpillière. Même André le domestique devait l’avoir fait. C’était un carrelage rouge. Il y avait une personne de Martres qui venait chercher du vin qui me disait « Je ne sais pas comment vous faites, mais vous avez toujours la maison propre… avec tout le travail que vous avez ».

 

L’EAU

Aujourd’hui, on tourne le robinet et elle est là, à tel point qu’on en use et en abuse, mais avant, il fallait aller la chercher aux puits, aux fontaines ou aux sources.

   « L’eau, on l’a eue à Mondavezan en 1964, avec la construction du château d’eau, mais uniquement les quartiers de Peyrottes et de Laspergères. Puis l’eau a été dans le village seulement en 1965. Puis les autres quartiers un peu plus tard. C’était d’abord les endroits qui n’avaient pas d’eau. Là où il n’y avait pas beaucoup d’eau dans les puits, c’était au quartier de Ganchat. Ils étaient obligés d’aller en été chercher l’eau à une fontaine qui est au ruisseau de Bareille avec de grosses barriques pour aller se ravitailler en eau. »

T. Cazeneuve)

« Il y avait tout un tas de sources qui se sont perdues ; il y en avait une au lavoir de la côte de Martres, il y en avait une à Crupi (1), il y avait la fontaine St Michel et il devait y en avoir d’autres.» (Jean Gros)

fontaine St Michel

fontaine St Michel

« Avant, il n’y avait pas de puits. On prenait l’eau du ruisseau. Il y avait une source. Il y avait un puisatier à Mondavezan, le père d’André Dignat. Pour chercher l’eau, il faisait avec une montre. Il nous a dit qu’elle était à 6 mètres. La montre tournait mais on n’y croyait pas beaucoup. Il y a une source que j’ai toujours vu couler, depuis 1932 qu’on est ici. L’eau est arrivée dans les maisons bien plus tard, après les années 60. » (Fernand Cazalé.)

   « En ce qui concerne la source au Grésillon, on l’avait captée et on avait effectivement l’eau courante. On avait quand même un puits mais pas abondant. » (Albert Laffont)

   « Alexandre, le père d’André Dignat qui était puisatier avait essayé de faire un puits à l’angle du jardin à l’entrée de chez Pabon (au quartier de la Vielle). Ils avaient dit : « Puisqu’il y a de l’eau à la fontaine St Michel, pourquoi il n’y en aurait pas là. » Ils avaient fait un puits profond là où habitait Lucien Rivière et il y avait de l’eau. Ils ont creusé à trente mètres, là la bougie s’est éteinte, ils sont remontés. Ils n’ont pas trouvé d’eau. Ils ont rebouché » (T. Cazeneuve)

   « Les frères de Gaby avaient fait une petite fable pour les soirées théâtrales au sujet de la fontaine de St Michel. « La hunt dé St Michel ». Il y avait de l’eau en permanence. C’est pour ça qu’ils avaient pensé trouver de l’eau à l’entrée de chez Pabon. Alexandre Dignat était le puisatier. A la Vielle, il est descendu jusqu’à 33 m et c’était toujours sec. Pour chercher l’eau, il faisait avec un bois de figuier. Il travaillait avec une pelle et une pioche avec un manche de 50 cm. Il avait un seau, une poulie, une corde, et un type en haut qui remontait le seau. Il ne bâtissait pas à l’intérieur, ça ne s’écroulait pas, ça tenait. Il y en avait un peu plus haut, là où est Nougué, elle est à 20 mètres. Ils ont dû passer à côté : ici, on en a un, elle est à 7 mètres. » (Lucien Marrequestre)

Marius Fourcade se souvient que quelqu’un lui a rapporté :

   « Ma mère, de l’eau, elle s’en servait trois fois. D’abord, elle lavait la salade, puis elle lavait la vaisselle et avec l’eau de la vaisselle elle faisait manger la truie.  Et tout le monde faisait pareil.  Il n’y avait pas de détergent. On lavait la vaisselle à l’eau chaude et voilà. »

  1. Nom d’une maison sur la route de Montoussin.

 

LA LESSIVE

C’est un sujet que beaucoup ont tenu à évoquer. Il y avait plusieurs solutions :

   « Notre mère lavait avec l’eau de la pompe car nous avions un puits. On avait aussi un puits en bas, dans le ruisseau. Dans ce puits, il y avait toujours de l’eau, il paraît qu’il y avait une source, alors que l’autre, à côté de la maison, était parfois sec. On allait chercher l’eau au puits d’en bas à coup de seaux. En bas, il y avait aussi une mare où on allait faire boire les bêtes. En été, il n’y avait plus d’eau à la mare en haut. En bas, il y en avait tout le temps. Quand nous sommes allés dans la plaine, elle lavait dans la canalette. » (CharlesTodeschi.)

   « Quand ma belle-mère faisait la lessive, elle mettait le chaudron sur le feu (le lusquet ), elle mettait de la cendre. Puis, elle allait rincer au lavoir. Mme Cazac faisait la lessive pour la famille Roques. Elle faisait la lessive de toute la famille après l’hiver. Ca faisait un sacré boulot. Les draps, avec les moines dans les lits ! C’était des draps épais. Ils étaient lourds. Quand on rinçait le linge, il fallait le battre pour enlever le savon. C’était la cendre récupérée dans la cheminée qui était passée et qui servait à la lessive. » (Simone Senges)

  « Pour laver le linge, les femmes allaient au lavoir municipal. On faisait bouillir le linge à la maison avec du savon, puis on allait rincer au lavoir, qu’il fasse froid ou qu’il neige. On y attrapait l’onglée. Le lavoir était à l’actuelle maison de la chasse. Il avait été construit vers 1920. Du canal de Saint-Martory partaient des petites canalettes qui l’alimentaient. »

(T. Cazeneuve)

   « Les femmes avaient une brouette qu’elles avaient fait faire exprès pour le linge et allaient rincer au lavoir, près du canal. Avant, on lavait dans un cuvier avec de la cendre puis, plus récemment, dans une lessiveuse. A l’époque du fourrage, on choisissait les jours de pluie pour faire la lessive. Les autres jours, on n’avait pas le temps. » (I.Sajous)

   « Il y avait un lavoir chez Jalambic (Quartier Peyrottes) mais nous, on n’y allait pas. Maintenant il est recouvert. Nous, on allait à la Louge ou on lavait dans la lessiveuse. Il y a longtemps, avant même les lessiveuses, on lavait le linge à la cendre. Les grandes familles lavaient 20 à 30 draps de lit à la fois. On faisait même des petites corvées. On faisait venir une voisine pour nous aider. On faisait bouillir dans une lessiveuse dans la cheminée et la cendre servait de savon. Au château, chez Soum, on avait planté du buis pour faire sécher le linge. Avant le linge était souvent étendu sur les haies. Après la cendre, on battait le linge avec le battoir dans la banque. Avant, il n’y avait pas de puits. On prenait l’eau du ruisseau. Il y avait une source au bas de la colline. » ( Fernand Cazalé)

   « Ce qui me paraît important également à l’époque, c’est la lessive. Le lavoir était là où est la salle de la chasse maintenant. C’était là que s’échangeaient les ragots et même plus parfois, car des fois, ça dégénérait entre les bonnes femmes qui se jetaient des choses à la figure et qui réglaient leur compte (cocufiage… les histoires étant à l’époque le plus souvent limitées au village). Il y avait un autre lavoir sur l’autre côte, et les bonnes femmes allaient aussi laver à la Louge. » (Jean.Gros.)

   « Le lavoir : il n’était pas fameux et puis plus personne ne s’en servirait… avec les machines à laver… c’est plus pratique que le lavoir. Il y avait trois récipients. Le premier, c’était la réserve où il y avait de l’eau. Le second, c’était le lavoir où on rafraîchissait. Et puis le troisième, c’était où on lavait. Des fois, il y avait cinq ou six femmes qui lavaient. Ce n’était pas toujours rigolo de travailler dans la même eau. L’eau déposait beaucoup de vase et personne ne voulait le nettoyer. Il fallait le mettre à sec et sortir la terre après avec la pelle. Pas trop de gens ne voulaient le faire, aussi quand les draps étaient trop longs, ça touchait le fond et ça faisait remonter la vase. C’était quand même mieux que le ruisseau, mais enfin. Je m’en rappelle, quand ils ont fait le lavoir. Je devais avoir neuf ans. Il y en avait un autre à la Piche. Je le voyais quand on faisait la tournée des oeufs. Il était déjà presque abandonné. Maintenant, il est sous des mètres cubes de terre.

Avant quelquefois, on en buvait de cette eau (du canal), quand on avait trop soif. On y mettait le vin au frais aussi quand on allait travailler. Il y avait des poissons. On les voyait surtout au mois de mars, parce qu’au mois de mars, ils ont toujours vidé le canal. Il y avait des barbots, du goujon, des cabots. En face Matrasset, autrefois il y avait un pont. Il y avait encore les vestiges là-dessous on appelait ça des « souales »(2) il y avait quelque chose comme poisson.

Avant le lavoir, on allait au ruisseau de Ste Marie, au pont. Il y avait une baraque juste en face, chez « le compagnon » (3). Juste avant le pont. Il y avait des sources dans ce ruisseau, mais maintenant l’eau est « dégueulasse » parce qu’il y a la station d’épuration et puis les cabinets de… Enfin à cette époque – là, elle était propre, l’eau. Il y avait une source un peu plus haut que chez «  le compagnon », à la limite de notre pré avec celui de Vidal. Alors les femmes venaient laver là. Il y avait aussi un arrêt avec une grosse traverse pour faire boire les vaches.

Pour aller laver là, les femmes amenaient « des rames », c’étaient des branchages d’ormeau qu’elles mettaient au fond pour ne pas que les draps touchent par terre. C’était plus propre que le lavoir parce que c’était de l’eau courante. Mais quand il faisait des orages, ça emportait tout. Après, elles sont allées au moulin pour laver. Derrière, ça faisait comme une banque, il y avait beaucoup d’eau. Mais là, elles se plaignaient qu’il y avait trop de courant, et ça leur tirait trop le linge des doigts. Je pense que ce n’était pas trop commode. C’était bien pour laver la laine. La laine brute des moutons, il fallait la laver. Le courant nettoyait bien la laine. Tout le monde avait sa laine à laver.

Le linge était mieux nettoyé que maintenant, plus désinfecté. Avant, tu faisais bouillir avec la lessiveuse, ils mettaient la lessive et alors avec ce truc par en dessous ça bouillait et ça montait par ce tuyau et ça aspergeait après le dessus du linge et ça redescendait. Ils appelaient ça autrefois « un rusquet ». Et avant les lessiveuses, tu « rusquais » à la main avec un grand cuvier. C’était une grosse comporte, elles y mettaient le linge, mais elles ne faisaient la lessive qu’une fois par an, aussi il fallait avoir un stock de linge. On faisait « la rusquade » en corvée avec les voisines, parce qu’il y avait un paquet de linge. Quand le cuvier était plein, elles faisaient bouillir l’eau et arrosaient avec une casserole. Elles arrosaient, mettaient des cendres etc… Le cuvier était plus gros qu’une comporte. On s’en servait pour le blé aussi. » (Louis Bistes.)

   « On a l’eau derrière mais quand on lavait le linge on allait rincer à la canalette, c’était plus vite fait. On savonnait bien le linge au savon de Marseille et on le laissait tremper avec un peu d’eau. La cendre, on la faisait un peu bouillir dans un chaudron avant de la mettre, on la mettait sur le linge et de temps en temps, il fallait faire bouillir de l’eau pour la mettre dessus. Pour faire partir la cendre, il fallait ressavonner et rincer. » (Léonie Bacqué) 

 « A la chute du moulin, on y allait pour laver la laine. Ils ont approfondi la chute pour donner plus de force. Au niveau du moulin, il y avait un pont qui donnait sur le chemin de la Fontaine (4) et quand ils ont fait la petite usine, ils l’ont démoli, ils ont fait la petite chute. Mais la mairie aurait dû exiger que l’entreprise qui l’avait fait le reconstruise. Avant, le chemin de la Fontaine rejoignait le chemin français par ce pont. » (Roger Tainton)

Mais parfois, voici ce qui attendait nos malheureuses lavandières :

 « Un jour, on gardait les vaches à côté du lavoir, quand on a vu les lavandières arriver (les femmes qui venaient laver leur linge). Il en venait de tout le village avec un cheval et une charrette, d’autres avec une brouette. A l’entrée du lavoir, il y avait un petit bac carré où la vase se déposait (l’eau venait du canal) et puis elle coulait dans un bac plus grand propre, où les femmes lavaient. Nous on n’a rien trouvé de mieux quand on les a vues arriver, que d’aller patauger dans le petit bac pour remuer la vase et, quand elles sont arrivées, l’eau était « dégueulasse ». Il ne nous a rien manqué. »  (Charles Todeschi)

L’eau sert aussi pour se laver et là personne n’en parle, seul Cazalé nous dit :

   « Il n’y avait pas de douche mais pour se laver nous, on allait très souvent à la Louge. C’est vrai qu’on ne se lavait pas trois fois par jour comme certains aujourd’hui. Quand on avait dépiqué, on se secouait la poussière de la chemise et on la remettait le lendemain. Ceux qui conduisaient le matériel, eux, se lavaient tous les soirs, ils avaient de l’huile, de la graisse. »

 

  1. Les poissons se cachent dans des trous sur la berge et des pêcheurs les attrapent en passant la main sous les poissons et en les saisissant par l’ouïe. Quand en mars le canal est vidé, les poissons se rassemblaient dans des trous où il restait de l’eau. Ceci se passait avant que le canal soit bétonné.
  2. Nom d’une maison près du pont de Sainte-Marie.

 

L’ELECTRICITE

«  L’électrification du village a eu lieu dans les années 36. Je me souviens que mon père amenait les poteaux dans tout le village avec son cheval. » (Denis Turbide)

«  Paul Doméjean les amenait avec des vaches. Ils étaient en ciment, certains y sont encore. Ils étaient fabriqués là où est la salle du basket. » (F.Dangla)

« Les poteaux qui sont derrière notre ferme sont de cette époque. » (JL.Bacqué)

« Ici, l’électricité est arrivée en 36, après le village. Elle venait aussi de chez Courtiade et Vital. Les poteaux avaient été faits à la main. Louis Gros y avait travaillé. On avait du 110 volts. Le courant force n’est arrivé que vers les années 71. J’avais un moteur pour le puits acheté en 62, mais je ne pouvais pas le faire tourner, ça disjonctait tout le temps. » (Jean Penent)

«  Nous, à Lescuns, on n’avait pas d’électricité. Mondavezan était en avance grâce au moulin. La première entreprise qui est venue s’appelait la Valentinoise pour nous installer des poteaux. Ils ont fait des trous pour les poteaux et on a eu la première ampoule pour la maison. Avant, on s’éclairait au pétrole et pendant la guerre on avait eu du carbure, ça éclairait davantage. C’était avant la guerre qu’on a eu l’électricité à Lescuns. » (I.Sajous)

LA TELEVISION

Thérèse Cazeneuve nous rappelle « A Mondavezan, les premières télévisions ont dû arriver dans les années 1954. » et François Dangla se rappelle que « Lavat avait eu la télévision, un des premiers. On allait la voir le soir. C’est le premier qui l’a eue en couleur. »

LE TELEPHONE

Le village a été équipé assez vite, enfin pas dans toutes les maisons, mais on pouvait téléphoner :

« Le premier téléphone public était à l’épicerie qui était située au quartier de la Vielle. » (T.Cazeneuve)

 

« Pendant la guerre, la cabine était en entrant à la poste au fond, il y avait le secrétaire de mairie et l’instituteur qui habitaient là. »

« Avant, faute de téléphone, on s’envoyait des cartes postales. On faisait la provision de cartes chez Lécussan ( à Cazères ), le samedi. » (H.Vidal)

LE COURRIER

A lépoque, il n’y avait pas de poste. On était desservi par Martres. L’agence postale s’est créée à l’arrivée de Délas. »   T.Cazeneuve)

« Pendant la guerre, le facteur distribuait le courrier à vélo. Il faisait Martres, Lescuns, Mondavezan, il passait tous les jours, même avec la neige. L’adresse c’était : Mondavezan, par Martres Tolosane. » (Irénée Sajous)

LES DEPLACEMENTS

Pour se déplacer, nous savons que la marche à pied était reine, parfois le cheval, la charrette avec les bœufs ou la bicyclette, mais certains avaient une voiture :

« On allait au marché à cheval ou quand on était invité chez des parents aussi. On avait plusieurs chevaux parce qu’ils servaient pour les travaux aussi. Ce n’était pas les mêmes.

Comme les chevaux avaient des problèmes aux pieds, il fallait leur préparer une infusion avec de l’eau chaude du cuivre. » (C. Arrouy)

« On allait loin à vélo, à Saint-Gaudens ou à Toulouse. Il n’y avait pas de porte – bagage, on portait les filles sur les barres. » (I.Sajous)

«  Ma marraine travaillait à la poudrerie à Toulouse, elle y allait pour la semaine en vélo.

Une fois, elle avait manqué le train, après la libération, mon père l’a portée à Toulouse sur la barre du vélo. » (T.Cazeneuve)

L’ARRIVEE DE LA VOITURE

« Lafforgue a été un des premiers à avoir une voiture à Mondavezan. Il avait eu son permis de conduire dans les années 20. C’était une trèfle. Brousset aussi avait une voiture.

Une fois, Mme Samouillan, la châtelaine de Sana, nous avait amené à Lourdes et chaque fois qu’elle croisait une autre voiture, elle faisait le signe de croix. »

En 47, Sourroubille nous avait amené au Tour de France. Il y avait son ouvrier Dupain, Mr et Mme Bonassis, les faïenciers, et moi. On était parti la veille, on avait dormi à Lourdes, puis on était monté sur les cols, le Tourmalet, l’Aubisque. Pour redescendre, au lieu d’utiliser le frein moteur, il freinait avec la pédale de frein. Quand on est arrivé à Lourdes, les tambours de la voiture étaient rouges. Dans les années 50, sont apparus les mobylettes et les vélos solex. » (J.Penent)

« Le père de Denis Dario avait une voiture mais il ne l’a jamais sortie du hangar. On s’y amusait quand on gardait les oies. » (D.Turbide)

« La voiture qui était sous le hangar, mon père s’en était servi mais en 34, il a eu un accident, le chassis a été tordu et il n’y a plus touché. » (D.Dario)

« Moi ma première voiture, je l’ai eue quand mon fils Bernard est allé à l’école à Cazères. La plupart du temps on se déplaçait à pied. » (L.Bistes) Quand mon père s’est remarié avec mémé, ils avaient une voiture et il apprenait à conduire dans le pré. C’était quelqu’un de Blancôtte qui était venu lui donner des leçons. Et quand le comte (de Foix qui avait une métairie là où habite la famille Ajas) passait par là avec le chapeau et la canne, il a vu la voiture. Alors il est venu le voir :- Alors François, tu as une voiture ? -Oui, Mr le comte. -Une voiture, tu sais ça coûte cher dans une maison !Il devait avoir une voiture lui aussi, mais avec quelqu’un pour la conduire. Mon père apprenait à conduire comme ça, mais après il a fallu aller passer le permis à Toulouse. Il a passé le permis en rentrant de la guerre et a toujours conduit avec (plus de quarante ans). Il n’y avait pas la circulation de maintenant. » (J.L. Bacqué)

« Lougarre (5) habitait à l’école, là où est le secrétariat. De l’autre côté, il y avait les parents de Monsieur Lougarre. Il avait une vieille voiture et le mercredi et le samedi, quand il partait chez lui à St Michel, on lui poussait la voiture pour la faire démarrer. Il n’y avait pas beaucoup de voiture dans le village. Il y avait Roques aussi. » ( Lucien Marrequestre)

Les premières voitures étaient aussi l’occasion pour les enfants de s’amuser :

« Lougarre avait une voiture dans le garage attenant à l’école. Comme il ne s’en servait qu’une fois par semaine, elle ne démarrait pas, il fallait la pousser. On mettait une pointe sous la roue et quand il arrivait chez Roques, crevé… Le lendemain, il fallait ramasser tous les clous qui étaient dans la cour. Le garage était entre le préau et la mairie. Il n’y en avait pas beaucoup de voitures à l’époque à Mondavezan. Il y avait lui et « Laoudet » (6). Il avait une décapotable qui était pointue de derrière. On la levait de derrière, car elle n’était pas lourde et il ne pouvait pas démarrer. » (C.Todeschi)

Et puis les routes n’étaient pas comme aujourd’hui :

« Elles étaient en pierres et en terre, ce n’était pas agréable, elles étaient pleines d’eau. Puis, insensiblement elles ont été goudronnées. D’abord, celle qui traverse le village puisque c’était une départementale puis, petit à petit, le village a fait goudronner les autres. Les quelques voitures qui passaient faisaient beaucoup de poussière. » (T. Cazeneuve)

5)L’instituteur

6)C’était le surnom de celui qui habitait la maison « Laoudet »

 

ETRE UN ENFANT AVANT LES ANNEES 60

Les témoignages que nous avons recueillis sont ceux de gens qui étaient des enfants ou de jeunes adultes à l’époque dont nous parlons, puisque la plupart n’avaient pas vingt ans à la fin de la guerre de 39-45.

Les chapitres écoles et catéchismes relatent beaucoup de ces souvenirs, mais ici nous allons voir ceux de la vie à la maison.

« Nous les gamins, à partir de sept ans on allait garder les vaches, les oies, les canards. Il y avait deux cas : moi qui était privilégié, je n’allais garder qu’après l’école, mais certains comme Edouard Cotte, quand les parents étaient occupés par des travaux plus importants, n’allaient pas à l’école pour garder les bêtes. Au lieu de rentrer au 1er octobre, ils n’y allaient qu’au 1er novembre et ils s’arrêtaient plus tôt pour les mêmes raisons. Donc, ils perdaient plusieurs mois d’école. Cela dépendait de la famille. Il y avait une obligation scolaire, mais les enseignants faisaient preuve d’une certaine souplesse. Il arrivait fréquemment que certains s’absentent de façon sporadique, si le père était obligé de partir momentanément pour une raison quelconque. A partir de douze ans, on savait manier une charrue et alors il fallait faire le travail à sa place. A partir de onze ans, on était embauché pour bêcher le maïs. » (Jean Gros)

« Les enfants, on se débrouillait tout seul. Après l’école, on aidait à soigner les bêtes, ramasser l’herbe pour les lapins et puis le soir, on nous faisait faire les devoirs. J’allais garder les oies avec Yvette (Duran), Honoré Senges arrivait avec des moutons, on était nombreux dans la plaine à garder des oies. Moi, j’étais petite mais j’y allais garder des oies. Chacun était dans son champ. Tant qu’il faisait chaud, on restait dedans, puis vers cinq heures, on partait garder les oies et on discutait. » (Clémentine Arrouy)

« A la sortie de l’école, on prenait la marque de pain chez le mitron pour le lendemain. On était chargé, avec le pain sous un bras, le cartable sur l’autre et la musette du repas. Devoirs et travaux nous attendaient. On allait garder les oies, les cochons, les vaches après l’école. On allait garder les oies assez loin, jusqu’à Petit-Bon. On était tous à garder nos oies, elles se mélangeaient parfois. C’était nos jeux. Il y avait des petits lopins de terre entourés de haies et de fossés alors que maintenant les parcelles sont immenses. » (Odile St Blancat)

« Quand on allait garder les vaches dans le pré devant l’église ou dans le champ derrière, à côté du ruisseau de Sainte-Marie, en fait,on allait dans la boulangerie et le mitron nous faisait sortir le pain du four brûlant. On a quitté l’école à 14 ans. » ( Alfred Todeschi)

« Quand on rentrait de l’école, on avait un mot sur la table qui nous disait les travaux qu’on devait faire en rentrant. A partir de sept, huit ans, on gardait les oies. Les oies, on les amenait d’abord au trèfle, puis dans les chaumes après la moisson. Il ne fallait surtout pas qu’elles aillent dans les tas de gerbes. Les épis par terre oui, mais pas dans les gerbes. Il ne fallait pas non plus aller dans les champs des voisins. On allait aussi enlever l’herbe au jardin.C’étaient les femmes qui s’occupaient du jardin. Il n’y avait pas de motoculteur, elles faisaient tout au « pelleversoir. » (Odile Saint-Blancat)

 

Oies0076

La garde des oies

« Les vacances commençaient le 14 juillet jusqu’au 1° octobre, parce que les enfants devaient aider aux travaux des champs. On faisait les vendanges. On allait garder les oies, les dindons, les cochons pendant que les parents faisaient les gros travaux. »

(T. Cazeneuve)

« On se rencontrait en gardant les oies et les dindons. Odette n’est jamais arrivée à lire et à écrire. Je lui faisais les lettres pour un amoureux qu’elle avait à Cazères. Il y avait Denis Dario, Simone, Auguste Davezac et Clotilde. Il y avait le père à Annie Doméjean qu’on appelait Tino. On était content de le voir arriver parce qu’il chantait comme Tino Rossi et on le faisait chanter. » (H.Vidal)

« J’ai gardé les vaches pendant longtemps, de douze à quinze ou seize ans. On se retrouvait à plusieurs : les uns gardaient les oies, les autres les moutons, les autres les vaches… Les quatre chemins, c’était un lieu de rendez-vous. » (L.Bistes)

« On avait un bœuf, on y montait à cheval. On passait par le chemin des vignes pour aller dans les champs de la plaine. C’était Honoré qui nous avait appris à monter sur les vaches.

Charles : « A quinze ans, juste avant qu’on descende dans la plaine, comme Cyrille était prisonnier, Blaise, son frère, avait demandé à mon père si je pouvais pas aller l’aider.

C’était dur parce que tout était en pente. Une fois, il m’avait fait labourer avec le brabant tiré par deux bœufs, le brabant s’était retourné sur moi. Il fallait aussi faucher les bordures à la faux pour faire les passages pour la lieuse. » (C.Todeschi)

Autre activité réservée aux enfants et qui paraît inimaginable.

« A l’époque, on ramassait les œufs de pie. On avait des récompenses si on les menait à la mairie. On avait je ne sais combien de sous par œuf. Alors, on faisait les nids par là et les plus culottés montaient aux arbres. Des fois, ça se passait bien et des fois, ça se passait mal. Elles les font en haut, les nids. Il fallait tuer les petits dans les nids et on ramenait les pattes à la mairie. Il fallait les éliminer parce qu’il y en avait trop. Si à la mairie on ne demandait pas les pattes, deux jours après, on les représentait. Le frère de Roger Tainton s’est tué en tombant d’un arbre. » (L.Marrequeste)

Il y avait aussi des jeux.

« Un jour, on était parti chasser les oiseaux à la fronde tous les deux. On était parti dans le ruisseau en bas de la maison. Il ne nous a rien manqué au retour. Mon père nous avait pris par les oreilles en disant « Charles, Alfred ». On sautait aussi depuis les poutres de la grange sur la paille avec un jeune qu’on gardait pendant la guerre (Henri Faustini). » Charles Todeschi)

«  Avec les Turbide, on jouait au foot. On avait un ballon en chiffons. On jouait au foot avec des sabots. On se prenait les chevilles avec, et on avait toujours les chevilles en sang. A l’école, certains avaient des galoches, mais pas beaucoup. La galoche avait la semelle en bois mais le dessus en cuir. En été, on avait des sandales. » (A.Todeschi)

La fête du cochon.

Cochon0041 1

Il n’y avait pas beaucoup de travail aux champs aussi on s’occupait différemment. C’était le moment où l’on tuait le cochon, pour des raisons de conservation, mais aussi parce qu’on avait le temps.

« On décidait de tuer le cochon toujours avec la lune vieille pour que les charcuteries conservent.
Le premier jour, on tuait le cochon le matin, ensuite, copieux repas avec comme plat principal pommes de terre et fricassée (viande prélevée sur le cou du cochon).

L’après midi, les femmes préparaient le boudin et fréquemment les hommes allaient couper du bois. Le lendemain, on découpait le cochon et le troisième jour les femmes du voisinage se réunissaient pour préparer les diverses charcuteries : saucisses, pâtés, saucissons, jambons, fritons et autres, sans oublier « le mariot » gros saucisson de deux ou trois kilos qui était réservé pour l’année suivante. On l’entamait pour le petit déjeuner, le jour de tuer le cochon.

On tuait des cochons qui faisaient de180 à 300 kilos C’était mon père qui les tuait. Il y avait aussi Félicien Todeschi qui le faisait, André Dignat. Chacun avait son quartier. Pour les enfants, c’était une grande fête. Pour la préparation du cochon, ce n’était pas n’importe qui, qui faisait n’importe quoi. Chacune avait son rôle attitré. Une telle salait le jambon, l’autre faisait les pâtés etc…

On le suspendait dans le couloir au trou du plafond sur un « janvier »(7) . Quand on tuait le cochon, les femmes venaient pour mesurer le lard. C’était le cochon qui avait le lard le plus épais qui était le meilleur cochon, alors que maintenant il ne faut pas qu’il soit trop gras. Le lard, on s’en servait pour cuisiner beaucoup de choses, dans la soupe, les haricots, ou tout simplement grillé quand on n’avait pas autre chose. Ma grand-mère avait une truie et si elle faisait dix cochons, elle en vendait 9 et en gardait un, pour l’année d’après.

C’était des cochons qui avaient plus d’un an. On leur donnait du blé, des pommes de terre, des betteraves, des pois pour les protéines, des topinambours. Je me souviens que Clotilde Davezac allait leur ramasser au printemps de la fougère qu’elle faisait cuire. » (M.Fourcade)

7) Outil pour retenir le cochon

Les Prestations

A l’époque, si on ne voulait pas payer beaucoup d’impôts locaux, il fallait participer à l’entretien de la commune et plus particulièrement à l’entretien des chemins. Louis Bistes se rappelle :

« Les prestations : C’était sur la feuille d’impôt qu’on recevait. Il y avait quelqu’un chargé de diriger. On l’appelait le piqueur, c’était Pulou qui le faisait, un ancien cantonnier. Parce qu’ils y allaient pour rien, la plupart tirait au flanc tant qu’ils pouvaient. Si on y allait avec les bêtes et le tombereau, ça comptait double. Des fois, on allait chercher la terre là où sont les poubelles maintenant (8). Il y avait beaucoup de cailloux là. C’était bon pour les routes. On ne les goudronnait pas à ce moment-là. On les rechargeait comme ça. Alors on y allait avec le tombereau et on sortait les planches pour en porter moins. Il faut être con quand même !!! On entretenait les chemins mais je ne crois pas qu’on en ait ouvert. Ceux qui ne venaient pas travailler payaient des impôts. Nous, on faisait tous les chemins, sauf les grandes routes. C’étaient les cantonniers qui les faisaient. Le chemin de Rieux, on le faisait nous. »

  1. La déchetterie locale était installée quartier Laspeyres avant la création de la déchetterie cantonale

 

La cueillette des ajoncs

C’est encore Louis Bistes qui nous parle d’une activité que personne d’autre n’a évoquée :

« Avant, les gens avaient le temps et comme il pleuvait plus que maintenant, ils faisaient des fossés avec des drains. Ils faisaient des ajoncs qu’ils vendaient à Martres pour faire cuire les poteries. Ils vendaient les fagots vingt sous. Ils avaient une mitaine pour serrer les liens. »

Quant au temps qu’il faisait :

« Quand on était jeune et qu’on allait à l’école, il y avait de la neige. Elle durait un mois, un mois et demi. Le canal a gelé au deux tiers. Dans la mare à côté de la maison, il y avait de la glace. Blanche se rappelle que sa mère traversait à pied souvent pour aller chez Loubens.

Devant la boulangerie, là bas, il y avait une mare, au pied de la maison de Lagarrigue, et tous les jours, les gosses en allant à l’école, ils y allaient s’amuser dessus. Il faisait froid. » (L.Marrequestre.)

« En 56, même la Louge avait gelé. On faisait boire les vaches dans l’étable avec des comportes. On n’avait pas l’eau. » (F.Cazalé)

Les veillées.

« L’hiver, c’était le rendez-vous autour du feu. On se réunissait, on fabriquait des gâteaux, des oreillettes. On se connaissait beaucoup à l’époque. On avait plus le temps de vivre. »

(O. St Blancat)

« Dans notre quartier, on ne faisait pas trop de veillées, on est isolé. On sortait pour la messe de minuit. On allait jouer au loto chez Foro (9), le plus gros lot c’était le lièvre. On sortait de là et on allait à la messe de minuit à pied. C’était au Fousseret. Il y avait du monde. Chaque année, pour Noël, c’était ça. » (F.Cazalé)

9) Café au Fousseret près de la place du centre.

LE PRINTEMPS

Concernant cette saison, peu de commentaires, sinon que déjà le canal était vidé en mars ce qui entraînait la coupure de l’électricité et l’obligation de ressortir les vieilles lampes pour s’éclairer.

 

L’ETE

Saison des premières récoltes et des « corvées ».

«  A la campagne, à l’époque, il y avait une grande solidarité, les gens s’entraidaient, il y avait quelqu’un de malade on allait l’aider. » (I.Sajous)

« On appelait ça « les corvées », mais ce n’était pas des corvées, c’était de l’entraide et il y avait la fête après. Maintenant, quand on parle d’une mounjetado (d’un cassoulet) on en fait presque une fête, mais à l’époque, c’était notre nourriture presque quotidienne. Chaque fois qu’il y avait une corvée, c’était le cassoulet et meilleur que celui qu’on fait aujourd’hui. Raymond Déjean était métayer au château de Sana. C’était une exploitation importante. Aussi il tuait le mouton, le matin. Pour déjeuner, on avait droit au cassoulet avec du mouton et après la soupe, on faisait rôtir les gigots, les côtelettes. On mangeait beaucoup à cette époque-là, mais à quatre heures du matin au soleil, on était levé et sur les chantiers. On revenait pour déjeuner vers huit heures du matin, on revenait manger à midi, puis on dépiquait jusqu’à la tombée de la nuit et le soir c’était la grande bamboula. On veillait jusqu’à minuit.

C’était la fête finale du battage. Une fois on était resté tous les jeunes pour coucher sur le foin et le matin on était reparti à pied d’œuvre pour faire la gerbe. Les femmes nous aidaient parce qu’à l’époque, les batteuses n’étaient pas modernes. Avec un râteau, les femmes tiraient les balles. Les tâches les moins pénibles étaient les plus sales. » (J.Penent)

« On avait une dizaine d’hectares, mais il n’y en avait que cinq ou six de cultivés. Dans les autres, il y avait les vaches. On s’aidait pour les corvées, et ça, ça a duré jusqu’à l’arrivée des tracteurs et des moissonneuses. Après, ça a été chacun pour soi. Ce qui a aussi entraîné la fin de cette entraide, c’est que les petits qui n’avaient besoin que d’une demi-journée devaient en rendre deux chez les gros propriétaires. Nous, quand on avait une corvée, on faisait manger après. Pour le dépiquage, c’était l’entreprise du Fousseret qui venait et un Martino de Laffitte, Dufour de Cérisol, Capblanquet et Icarol pendant la guerre. Le gerbier restait de un mois à un mois et demi. Il y avait le gerbier qui était rond et la gerbière qui était en longueur. Au début, c’était surtout des gerbières. Il y avait des spécialistes pour finir le chapeau.

Le fourrage aussi était monté en extérieur. On le « péladait » avec un crochet avec un long manche pour sortir le fourrage. Il y avait des jeunes qui avaient fait le coup à quelqu’un de lui enfoncer le « péladou » dans le fourrage, il n’avait pas pu l’en sortir.

On pelait tout le tour pour équilibrer . Mais chez moi, je n’en ai pas vu, de meule de foin. Ils mettaient un mât au milieu,  bien couvert, il ne prenait pas l’eau. Il fallait mettre du foin qui couvre bien. » (Albert Laffont)

« Avant, on avait un rouleau en pierre pour le grain. On mettait les gerbes dessous et on tournait. On mettait l’épi sur la paille pour ne pas que le grain s’écrase. Pour gerboyer et dépiquer, il fallait au moins dix jours.On faisait des gerbières dans la cour. Les voisins venaient nous aider. Il fallait les faire d’aplomb. Cousseau nous disait : « Faudra vous apprendre, je n’y serai pas tout le temps ». C’est lui qui la faisait. On lui passait les gerbes, il les mettait insensiblement avec un petit chapeau. Ca restait au moins un mois avant le dépiquage. Le blé finissait de mûrir. La paille était placée de façon à ce qu’elle ne prenne pas l’eau. Il fallait faire le pailler aussi. On charriait les sacs de blé au grenier. C’était pénible. Il fallait les monter par les escaliers, des sacs de 60 à 70 kilos. Parfois, il fallait les porter depuis le champ. Quant on dépiquait, celui qui le faisait, marquait chaque sac et à la fin, il fallait payer le propriétaire en fonction du nombre de sacs. » (F.Cazalé)

« On se levait de bonne heure pour soigner les vaches, faire téter les veaux avant de partir travailler. On attelait les vaches, on emportait le déjeuner et on partait de bonne heure dans les champs, on mangeait au bout du champ. » (Mathilde Dangla)

 

L’AUTOMNE

C’était les vendanges et le ramassage du maïs, d’autres corvées

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« Il y avait les vendanges. Les vendanges se faisaient manuellement. On mettait les raisins dans des comportes qui étaient posées dans les sillons de la vigne, ensuite à deux personnes, on portait les comportes au bout de la vigne, on les chargeait sur les charrettes et on les portait à côté de la cuve (qui souvent était en bois), ensuite on passait le raisin au fouloir et le mettait à fermenter dans la cuve. Au bout de 8 à 10 jours, on soutirait le vin nouveau que l’on mettait dans des barriques et on passait la vendange dans une presse à vendange qui venait à domicile (Denis Turbide).

Une fois la vendange bien pressée, on la portait à l’alambic pour faire l’eau de vie. Il se mettait au lavoir (10) le bouilleur de cru, c’était Bonnemaison, le père du beau-frère à Albert Laffont. Là, il faisait l’eau de vie. Ils la buvaient, les femmes fabriquaient des liqueurs. Il n’y avait pas d’apéritif.

Ici on avait un hectare vingt de vignes. On en vendait. Même après la guerre, il y avait des CRS qui venaient chercher une barrique de vin. Pour vendanger, on était souvent une vingtaine. Une anecdote : André Dignat avait les vignes en haut. Il vendangeait là. C’était Marthe Gros qui faisait le repas. Ce jour-là, il y avait de la saucisse au menu. Ils ont allumé le feu au milieu du chemin et elle met la saucisse à griller. Elle part faire quelque chose, elle se retourne, le chien finissait d’avaler le dernier morceau. Plus de saucisse. Et chaque année cette histoire ressortait. »

( M. Fourcade)

10 ) Maison de la chasse

« Pour les vendanges ou les dépiquages, on s’entraidait. Mieux que ça: si tu n’avais pas un poulet au moment de préparer les repas, tu allais chez le voisin et l’autre pareil. Tu lui disais « merci » et puis c’est tout.

Je me rappelle, une année, pour vendanger, Honoré m’avait dit :  « on est une quinzaine ». Je m’étais dit :  « tu vas faire les lapins pour midi et le soir tu vas faire les poulets ». Marthe, qui était à la vigne arrive :  « Tu sais le monde que tu as ? » « une quinzaine », «  ils sont trente, allez vite, je vais chez moi chercher des lapins » et voilà ça se passait comme ça. » (S. Senges.)

« Puis il y avait les vendanges. Si on était loin de la maison, le propriétaire amenait le manger sur place. Chez Vital, ils avaient la vigne chez Pujol à Cazères, on allait vendanger là et puis après il y avait le repas à la vigne. » (C. Arrouy)

Vendanges0027

« Les vendanges, gerboyer, ramasser le maïs… C’était ce qui me plaisait, moi. C’est là qu’on rigolait le plus, pour ramasser le maïs. A cause de la température. Ce n’est ni l’hiver, ni l’été, il faisait bon.

On le ramassait à la main, avec un panier. La tige, c’était pour les vaches. On faisait des fagots. Tu sais, ça ne valait pas grand-chose. Avec ça, elles ne devaient pas faire beaucoup de lait. On leur mettait dans le râtelier et toute la nuit, elles s’amusaient. C’était plutôt pour ça que pour les nourrir.

Le midi souvent, on emportait le repas au bout du champ. Et le soir, après, c’était poulet rôti ou de la saucisse, le cassoulet, enfin…Faim, on n’a jamais eu faim, mais c’est pas comme maintenant, il n’y avait pas des hors d’œuvre et tout ça. Le bouillon, puis après soit le bouilli qui avait servi à faire le bouillon ou après la saucisse ou des haricots et un poulet. Tu vois, il y avait de quoi manger. » ( L. Bistes)

« Le bouilleur de cru était du Fousseret. Il venait après les vendanges puis après, il revenait au printemps. Nous, on lui amenait les prunes, c’était bon. » (F.Cazalé)

« Le maïs et les pommes de terre tardives étaient ramassés à la main en novembre. On les stockait entre des bottes de paille et on les faisait cuire pour les cochons. » (M.Fourcade)

 

 

Rédaction: Danielle Zanconato suite au travail collectif sur des propos recueillis auprès des  habitants de Mondavezan en 2005.

 

L’HABILLEMENT

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    Héloïse Lacaze  (ph I.Sajous)

« Les habits du dimanche servaient pour aller à la messe. En hiver, nous portions une jupe qui arrivait au dessous du genou, un manteau, des bas retenus par des porte-jarretelles et quand il faisait froid, nous mettions des chaussettes blanches qu’on retournait à la cheville avec des chaussures fortes. L’été, on avait une nouvelle robe de saison qu’on étrennait pour Pentecôte. Et pour Toussaint, on avait la nouvelle tenue d’hiver.

Seules les deux filles avaient des robes neuves, pas les parents. C’était notre mère qui nous l’achetait, mais on prenait ce qui nous faisait plaisir. Toutes les filles que je connaissais étaient habillées de neuf à chaque nouvelle saison.

Après la mort de mon frère, j’ai porté le deuil pendant un an. A cet âge-là, c’était dur de porter le deuil. Pendant dix-huit mois, on n’a pas pu aller au bal. Les mères portaient le chapeau avec la voilette noire. » (Henriette Vidal vers 1945, elle avait 17 ans)

 

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La famille Saint-Blancat à Larribeau en 1915 environ.

Les hommes qui manquent sur le cliché sont à la guerre . (Photo Saint-Blancat)

 

Lucien Marrequestre ajoute, en nous présentant une photo de sa femme Blanche, au moment du certificat d’études : «  Blanche, avec en main le livre du certificat d’études, a une robe bleu ciel que lui avait faite la couturière sa voisine, Rose Abadie. (qui habitait la maison située au 1000, rue du Tapiau). On portait des chapeaux et des bas qui tenaient avec une gaine. Ils étaient avec une grille au bout. »

 

Blanche Marrequestre0003 copie

 

LE DIMANCHE

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Louis Bistes au centre, Alphonse Duran tout à fait à droite  Pierre Cazeneuve tout à fait à gauche. On pourrait voir aussi … Sentenac, André Dignat, Lucien Marrequeste, Louis Blanchardet, Joseph Dancède mais ce n’est pas certain. Qui reconnaît ?

rassemblement de jeunes (photo Bistes)

 

Outre les activités sportives ou théâtrales évoquées dans un autre chapitre, le matin était consacré à la messe mais ensuite on se retrouvait pour d’autres activités.

 

« Celui qui faisait office de garde champêtre grimpait sur un bout de bois, à la sortie de la messe, pour faire les annonces. C’était un oncle à Marie-Rose Dario, Monsieur Cahuzac, qui habitait derrière chez Blanchard. Ou bien, des fois, il faisait ses annonces à la grande salle du café chez Roques. Les Roques prêtaient la grande salle, on faisait du théâtre, des bals, un bonhomme venait faire des projections de cinéma. La salle était pleine. Il venait des gens de Sana, d’un peu partout. » (L. Marrequeste)

 

« A la sortie de la messe, rendez-vous devant chez Roques, garçons et filles, pour se fixer des rendez-vous pour l’après midi. En été, il y avait les fêtes. On y allait en vélo ou bien à pied. Je me rappelle que j’allais à la fête du Fousseret à pied. Rentrer à pied du Fousseret à trois heures du matin, c’était long. C’était la mère à Guy Boube qui nous accompagnait.  »(H.Vidal.)

 

« Tous les dimanches, avec le père de Mirepoix, le beau-père allait à la salle de Roques et ils passaient la journée là. Ca leur faisait une sortie.

Comme distraction, à l’époque, on allait se baigner au canal dans un pré à côté de chez Penent. A la Louge, on n’y allait pas trop. On y allait surtout pour pêcher. C’était traître ! » ( Irénée Sajous)