Vie religieuse pendant la révolution.

Article de Gabriel Manière paru dans la journal du Foyer Rural le Finestrou n° 41 de novembre 1991. Il commente des évènements de la vie religieuse à Mondavezan au temps de la révolution d’après les archives communales de Mondavezan.

Le 14 Vendémiaire de l’an III (5 octobre 1794), le représentant du peuple Mallarmé prescrit la destruction des monuments, croix, signes extérieurs du culte…..

La chapelle du Tapiau subit le sort des chapelles du département.

Malgré cette persécution religieuse, l’enracinement religieux est profond dans le district de Rieux, et, à Mondavezan en particulier.

Les édifices du culte sont fermés. La population réclame la réouverture de l’église, réclame les clés avec insistance, mettant en grand embarras le conseil général de la commune. Celui-ci consigne cet évènement avec trois membres responsables, le maire, Arnaud Auguères et deux officiers municipaux, les citoyens Joseph Recurt et Bernard Auguères. Ils en dressent procès-verbal le 2 Germinal an III (12 mars 1795). Mais, le II Prairial (30 mai), un décret officiel autorise l’exercice public des cultes. A Mondavezan, on en retrouve la répercution. Un prêtre ayant prêté le serment constitutionnel, Germain Cazabon, est agréé par la municipalité le 6 Messidor (24 juin).

Jean Abadens, maçon, avait été pressenti pour la réparation de la maison commune, autrefois presbytère, pour sa remise en état. Mais, Abadens refuse de prendre les clés et son action est jugée comme condamnable.

L’église paroissiale ne parait pas être apte à contenir la population au moment des cérémonies et on reparle de la chapelle du Tapiau comme annexe. Sa restauration, à cet effet, est considérée comme indispensable. Consignation en est faite au registre en date du 3 Messidor.

Le 21 Messidor (9 juillet 1795), a lieu le changement du conseil général de la commune qui devient le suivant : Paul Tachoires, maire, Vital (officier de santé), Bertrand Auguères, Jacques Baqué, Joseph Recurt, Jean Castet sont officiers municipaux. Jean-Bertrand Abadie est agent national, les notables sont Armand Auguères, Jean Abadie, Dominique Gros, Jean Cazeneuve, Jean Abadens, Antoine Roquabert, Vidian Vidal, Louis Castet et Jean Cornus. Le secrétaire greffier est Jean-Baptiste Contezac.

Au cours de l’année 1796, le calme parait général dans la commune. Seul est enregistré un incident contre le citoyen Martin Saux qui est peut-être encore marqué par les séquelles d’un esprit anti-religieux. Il est l’objet de brimades anonymes en juillet 1796. Il est venu s’en plaindre à la municipalité qui en a relaté par un procès-verbal, après les constatations. Le 14 juillet, vers minuit, on a jeté des pierres sur le toit de sa maison et sur les portes et fenêtres. Il a crié, mais chez les voisins personne n’a voulu lui porter secours contre les malfaiteurs……

Il craint pour sa vie. « Il nous requiert de se porter dans sa maison pour constater « ….bris de tuiles considérable, de carreaux, pierres, en nombre considérable. »

En 1797, le curé Germain Cazabon s’acharne à restaurer la chapelle du Tapiau. Il en a racheté ce qu’il en reste pour la restaurer et la rouvrir au culte. Mais, malgré l’apaisement général qui va durer dans le département jusqu’en septembre 1797, ces travaux de restauration font l’objet d’un sabotage systématique par des vandales anonymes qui parviendront à neutraliser le projet.

L’église paroissiale restera le seul édifice consacré au service paroissial.
Les incidents se produisent deux fois. Le 30 Ventose an V (20 mars 1797), un constat mentionne la démolition occulte des travaux effectués et cela au fur et à mesure de leur mise en place. Le vol des outils, pelles…..bris de boiseries à coup de hache….Un première estimation évalue le dommage à 4 livres et 10 sous.

Le 6 Germinal (26 mars), le toit est mis à mal, les pierres de taille dispersées…..estimation des dégâts : 4 livres pour le toit et 6 livres pour les croisés.

Après ces malversations, la chapelle du Tapiau, témoin séculaire de la piété communale à Notre Dame de la Piété va rentrer dans les souvenirs de l’histoire de la commune.

La lutte anti-catholique va reprendre à l’échelle départementale le 18 Fructidor an V (4 septembre 1797) jusqu’au Consulat (5 novembre 1799).

C’est dans ce cadre chronologique que se produit à l’église de Mondavezan, un acte sacrilège, heureusement isolé qui vise à la destruction des ornements du culte.

Le premier Floréal an VI (20 avril 1798), un attroupement et la clameur publique portent témoignage d’un vol avec effraction commis dans l’église. Un chêne planté près de la fenêtres de la sacristie a servi pour l’atteindre et la grille protectrice a été arrachée. On a pu dérober dans l’église un pluvial en soie, une chasuble, une aube brodée et deux autres ordinaires, des ornements en satin, trois nappes de communion, une nappe d’autel, un surplis, une écharpe de soie….

Des empreintes ont été laissées sur le chêne et les constatations sont faites par le curé Cazabon, par l’officier de santé Jacques Depouts et par Jean Doméjean, en présence d’un grand nombre d’habitants. Cet évènement fait l’objet d’un procès-verbal consigné à la mairie (Arnaud Auguères).

Ce sera la dernière manifestation anti-religieuse connue à Mondavezan.

Liste des curés ayant officié à Mondavezan

Gabriel Manière donne dans le journal le Finestrou n° 30 de décembre 1989 une liste des curés qui ont officié sur Mondavezan.

Un prêtre ayant prêté le serment constitutionnel est agréé le 24 juin 1795 par la municipalité à exercer les cultes: Germain Cazabon jusqu’en 1805.

Jean-Louis Pelarey de 1808 à 1815.

Jean Lavigne de 1815 à 1820

Jean-François Sacan de 1820 à 1824 (1834 ?)

Henry Doméjean de 1834 à son décès à Mondavezan en 1869

François Darbon de 1869 à 1885. Décédé à Mondavezan

Michel Darbon de 1885 à 1896. Décédé à Mondavezan en 1809.

Jean-Louis Boyer de 1896 à 1912. Chanoine de Mondavezan nommé doyen de Isle en Dodon.

Armand Saint-Lary de 1912 à 1926.

Jean-François Sancan de 1926 à sa mort à Mondavezan en 1934.

Louis Lozes de 1926 au 30 avril 1958 date de son décès à Mondavezan.

Fernand Lamarque de 1956 au 13 mai 1958 date de son décès, victime d’un accident de la route. Il est aumônier de Blancotte.

Daniel Laurendeau de 1958 à . Aumônier à Blancotte, il décède le 13 juin 1985.

Joseph Gaïatto