A noste, en Mondavezan :

chez nous, à Mondavezan

  Le village est installé sur la seconde terrasse de la Garonne, donc sur la rive gauche. Son territoire s’étend sur la première terrasse, dite « la plaine ». Il est traversé par l’autoroute A64 Toulouse-Tarbes qui succède à la route nationale qui elle-même a succédé à la route royale.

  Il est aussi traversé par le canal de Saint-Martory, canal d’irrigation creusé au milieu du 19ème siècle. De petites centrales électriques le jalonnent. Á Mondavezan, il a actionné un moulin pendant plusieurs décennies, moulin qui a produit de l’électricité ce qui a permis l’électrification du village dans les années 30.

  Des temps préhistoriques, il n’a rien été trouvé jusqu’ici, les premiers agriculteurs préférant la troisième terrasse, juste en haut du village, à la terre plus légère et plus sèche. Jules César appelle ces peuples Garunni.

  Au début de notre ère, au contraire, les hommes ont occupé les basses terrasses si l’on en croit la toponymie et les quelques débris trouvés.

Dans la cité des Tolosates

  Elle s’étendait jusqu’à la cluse de Boussens et comprenait donc Martres-Tolosane. Avec pour capitale Tolosa.

  Mondavezan ou Mont d’Avezan : une étymologie fantaisiste en fait le mont des oiseaux. En fait les toponymes avec Mont sont le plus souvent suivis d’un nom de personne ; en l’occurrence le nom du propriétaire de la villa gallo-romaine : en effet les noms de lieu en –an désignent un domaine gallo-romain ou du Haut Moyen âge (c’est la terminaison –anus du latin) ; cela pourrait-être : Aves…. Pour le moment ce nom de personne reste inconnu, les propriétaires pouvant être Romains, Gaulois ou Aquitains..

  Sur le territoire, d’autres toponymes indiquent une implantation gallo-romaine. Et des fragments de tuiles, de céramiques, des clous de la même époque ont été trouvés au quartier de Bordeneuve. Ces villaene devaient pas être fastueuses comme celle de Chiragan à Martres-Tolosane ni même riches comme celle de Sana, le village voisin. On peut imaginer des villae rusticanae c’est à dire des domaines agricoles. La route romaine, reliant Tolosa à Lugdunum Convenarum, empruntait la deuxième terrasse et non la première, alors marécageuse, comme le fait la voie actuelle.

  Aucune fouille n’a été menée. Les premiers habitants de Mondavezan nous sont inconnus ; il est possible de faire quelques hypothèses sur leurs croyances bien que l’on n’ait pas retrouvé de vestiges religieux : l’église est dédiée à Saint-Michel or l’archange a bien souvent succédé au dieu romain Mercure. Peut-on aussi imaginer un culte à la déesse Lahe ou au dieu Abellio  dont le culte est attesté dans bien des villages voisins ?

Dans le Comté de Comminges

  Au Moyen-Age le village s’est regroupé sur le « mont » peut-être autour d’une motte féodale : il reste un tupet (petite colline artificielle ) appelée Castet. Ce nom ainsi que le nom du quartier qu’il jouxte,  La Vielle (c’est à dire l’agglomération qui a dû succéder à la villa) peuvent nous permettre ces hypothèses.

L’autre « tupet », dans la plaine, à côté du canal, a-t-il été construit avec les déblais du canal ? Ou est-il plus ancien comme le suggéreraient les auréoles concentriques formées par les champs ?

  Une église romane est construite, dont il ne reste qu’un beau porche orné d’un dragon.(Un étonnement : ce porche n’est pas cité dans la base Mérimée du Ministère de la culture !)

  Mondavezan est alors une petite seigneurie possédée par Guilhem-Hunaud de Lanta qui, en 1253, cède ses droits au comte de Comminges Bernard VI.

  Sous Bernard VII la communauté acquiert une certaine importance : le Comte lui accorde les Coutumes,le 21 mai 1297, qui affranchissent les habitants de la taille, prévoient un marché hebdomadaire et des foires 2 ou 3 fois par an. La communauté a des unités de mesures qui lui sont particulières : la perche de Mondavezan est différente de celle de celle de Toulouse, Agen ou autres.

  On peut penser que ces Coutumes étaient du même type que celles des communautés voisines qui reconnaissent les droits des habitants : ils peuvent se réunir en assemblée générale chaque fois que nécessaire et élisent parmi eux 2 consuls pour un an. Ceux-ci sont chargés de la police, de la répartition des impôts, de la justice pour les infractions légères, de l’entretien des biens communaux. Cette forme de démocratie est la règle dans toute la Gascogne ; il ne faut toutefois pas prendre au sens actuel le terme d’élections : les consuls étaient le plus souvent choisis par le châtelain sur une liste dressée par l’assemblée générale des biens-tenants c’est à dire des propriétaires seuls.

  Le Comte de Comminges construit à Mondavezan un château (le castet, peut-on supposer) et en fait une châtellenie ; le châtelain, représentant du Comte fait exécuter les décisions du Comte, administre, rend la justice au nom du Comte et assure la défense. La châtellenie de Mondavezan, soumise à celle d’Aurignac, est attestée aux 13ème et 14ème siècles. Le Comte a des forges à Mondavezan .

 Sur le plan religieux, Mondavezan fait partie du diocèse de Rieux-Volvestre créé en 1317.

Dans le royaume de France

   A l’époque moderne, c’est toujours une communauté active avec son notaire au 17ème siècle (le Sieur Bertrand VILLA) puis son école (aujourd’hui démolie) au 18ème siècle.

  Le roi en a vendu la seigneurie au 18ème siècle à Messire Claude Danceau dont le fils hérite et rend hommage au roi en 1744 : Jean Louis Danceau, chevalier seigneur de Lavelanet, St Cizi et Mondavezan, conseiller du roi en son conseil, grand maître inquisiteur général réformateur des eaux et forêts de France au département de Languedoc. Il rend la haute, moyenne et basse justice, autrement dit les Mondavezanais dépendent de ses juges pour tous les crimes et délits.

  Il ne semble pas que ce soit lui qui ait fait construire le four du Tapiau (restauré par son propriétaire actuel) ; en effet il mentionne un four à Saint-Julien et pas à Mondavezan. Celui de notre village est sans doute un peu plus récent : il était utilisé par tout le quartier.

  Les habitants participent comme beaucoup de Gascons à la fièvre sucrière : un Jean VITAL, de Mondavezan, a acheté un domaine sur l’île de la Tortue à SaintDomingue vers 1785 ; en 1794, il le vend ; il en revient malade et escroqué par son associé ; sa fille fait toutefois un « bon » mariage à Toulouse.

De 1789 à nos jours

Avec la Révolution, Mondavezan devient une commune qui comptait 694 habitants en 1793.

  Au 19ème siècle, la commune s’est engagée à fond dans la Seconde République aux côtés de son maire Auguères. J’ai découvert une péripétie de cet engagement aux archives de la Haute-Garonne dans la série M, dans les rapports de police : le fils du maire distribuait un journal satirique sur Louis-Napoléon Bonaparte ; en 1850, les gendarmes de Saint-Elix en ont saisi 24 exemplaires.

  En 1851, il y a 944 habitants, c’est le point culminant.

  L’exode rural réduit peu à peu la population : 1872 : 816 hts ; 1901 : 738 ; 1936 : 562 ; 1982 : 485.

  La guerre de 14-18, avec ses 30 jeunes tués, participe à ce dépeuplement. Deux tués en 1940.

  Avant la dernière guerre, le maire était Jean-Marie ARQUÉ ; il a été destitué par l’État français de Pétain en juin 1940.

  Ces dernières années, c’est le renouveau : le recensement de 1999 donne 643 habitants.

  En 2008, le village bénéficie de commerces : une boulangerie, une épicerie et une pâtisserie. Son Foyer rural est toujours aussi actif, son école s’est agrandie.

René Courtiade envoyé janvier 2015