Ce dossier est consacré à l’histoire  de l’école de la commune à travers le temps à partir de données issues des archives départementales et d’autres documents que j’ai eu à consulter.

Il y aura ensuite l’historique de la construction de l’école et de la mairie en 1882.

Claude Zanconato

Pendant la Révolution

(1789-1799)

Dès 1789, l’école devient une affaire d’État. L’Assemblée constituante, transfère aux autorités administratives les pouvoirs de l’église sur l’école (Loi du 29 frimaire an II ). Un comité d’instruction publique aura la mission d’élaborer les réformes scolaires. Il fonctionnera jusqu’au 4 brumaire an IV. Avec Talleyrand, Condorcet, Le Pelletier et Romme naissent de beaux projets mais la plupart ne seront pas appliqués.

Les instituteurs sont salariés par la république à raison du nombre des élèves qui fréquentent leurs écoles. L’école commence le matin à 9h pour finir à midi et l’après-midi à 2h jusqu’à 5h. Les vacances durent 40 jours, elles commencent et finissent avec les moissons. Le gouvernement décide quune école sera ouverte pour mille habitants.

Dans le monde rural, les petits villages doivent envoyer les enfants au chef-lieu d’arrondissement (canton), ce qui crée des problèmes de déplacement. Des petites communes n’envoient pas les enfants vers les écoles à cause de cet éloignement. Les routes sont en mauvais état, souvent impraticables et il est difficile de traverser des cours d’eau, faute d’infrastructure. L’été serait une solution mais c’est le moment des moissons et les enfants y sont employés. La solution est de faire des sacrifices financiers en organisant des cours dans la commune. Mais peu de candidats sont intéressés vu la faible rétribution qu’ils peuvent obtenir.

Le 22 août 1795, les corps municipaux sont supprimés. Un agent municipal et un adjoint sont élus tous les deux ans et dépendent de l’administration municipale du canton.

Le 25 octobre 1795, avec la loi Daunou, les instituteurs ne sont plus salariés de la République, faute de moyens. Ils reçoivent comme sous l’Ancien Régime, une rétribution des élèves, de laquelle certains peuvent être dispensés pour cause d’indigence. Ils sont logés et jouissent d’un jardin.

On enseigne à lire, à écrire, à calculer et à apprendre les éléments de la morale républicaine. Le système métrique remplace les anciennes mesures.

La Convention institue des fêtes nationales : de l’agriculture, de la jeunesse, de la juste punition du dernier tyran des français, des victoires ……………..qui remplacent les nombreuses célébrations religieuses qui s’échelonnaient tout au long de l’année sous l’Ancien Régime. Le ministre de l’Intérieur oblige les instituteurs à y assister à la tête de leurs élèves.

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Pendant ce temps à Mondavezan

L’an 1791 et le 10° jour du mois d’avril : «Le Maire rappelle au conseil qu’il avait donné pouvoir au sieur Paul Tachoires collecteur de l’année 1790, de payer au maître d’école la somme de 12 livres pour son traitement de l’année 1791. »

Dans la séance du 6 novembre 1791, le maire de Mondavezan demande au collecteur de « payer le traitement du maître d’école et du secrétaire greffié de la municipalité » en attendant, si les sommes provenant des charges locales sont insuffisantes, de n’en payer qu’une partie.

Dans ce cas, l’Assemblée municipale « promet de prendre les moyens les plus prompts et les plus convenables pour leur procurer l’entier payement de ce qu’il leur restera dû. »

La commune a des difficultés à payer son maître d’école mais aussi son « secrétaire greffié » car il y avait un retard dans la levée des impositions royales. Il faut aussi payer d’autres arriérés, tels le loyer de la salle de réunion, les gages du procureur, le bedeau, l’officier municipal…. Ils ne recevront d’ailleurs, dans un premier temps que la moitié qu’il leur est dûe.

Dans une autre séance du conseil, celle du 10 avril 1792, le maire rappelle au conseil « Qu’il lui avait donné pouvoir de payer au maître d’école la somme de 12 livres pour son traitement de l’année 1791 ». Ce qui démontre les difficultés financières des communes à assumer la création d’une école, la difficulté de trouver des candidats instituteurs.

Les délibérations des années 1793 et 1794 n’apportent aucune information supplémentaire si ce n’est que le citoyen Jean-Baptiste Contezac est l’instituteur. La municipalité mentionne qu’elle est satisfaite de son instituteur.

Le 6 juin 1795 ( 18 prairial An III), le maire s’adresse aux membres du conseil général de la commune en ces termes :

«  Vous n’ignorez pas, citoyens, qu’en exécution de la loi du 29 frimaire An II, nous établissons d’un commun accord pour le plus grand intérêt de la jeunesse de cette commune le citoyen Jean Baptiste Contezac en qualité d’instituteur à l’effet de former les jeunes gens aux vertus républicaines et leur donner l’instruction nécessaire à des hommes libres. Vous savez, avec quel zèle, le citoyen a rempli les fonctions dont nous l’avions chargé. Vous avez même la douceur de recueillir les fruits de son travail dans les progrès de vos enfens. Combien la cessation n’en serait elle pas funeste, chacun de vous sait la sentir et l’apprécier. »

 

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La loi du 27 brumaire de l’an III votée par le Directoire oblige les maîtres d’école de chaque commune à se rendre au chef-lieu de l’arrondissement, en l’occurrence pour Mondavezan, Rieux , pour comparaître devant un jury qui contrôle régulièrement leur capacité d’ enseigner dans les dispositions demandées. Mais voilà, l’instituteur du village n’a pas la possibilité de se déplacer, « le citoyen Contezac, instituteur atteint de violentes douleurs de goute lors de la promulgation et de l’avertissement donnés par le Directoire du district de Rieux ne peut en aucune manière en remplir les dispositions, étant obligé de demeurer continuellement assis. »

Le défaut de comparution de l’instituteur devant le jury serait une infraction et il ne recevrait pas son traitement.

Les conseillers délibèrent ainsi :

«  Surquoy le conseil général, pénétré de l’importance du sujet qui vient de luy être soumis, après avoir mûrement examiné tous les motifs

Qu’attendu que le défaut de comparution devant le jury ne saurait impliquer l’instituteur nommé puisqu’il ne provient que de l’impossibilité dans laquelle s’est trouvé le citoyen de remplir les dispositions de la loi à cet égard.

Considérant que la cessation du salaire acquis à l’instituteur produirait de sa part un dégoût trop naturel et que détriment de la jeunesse de cette commune serait incalculable si l’instruction était seulement suspendue. »

Le conseil général a délibéré de « présenter à l’administration du district une pétition expositive des motifs qui ont empêché l’instituteur de remplir les dispositions de la loi dont s’agit laquelle sera écrite par l’instituteur luy même comme pièce probante et justificative de son talent et affin de mettre le directoire à portée de s’en convaincre et que à l’appuÿ sera joint un certificat de maladie délivré et signé en bonne forme par l’officier de santé qui a soigné le dit Contezac : qu’en outre extrait de la présente ainsi que du verbal de réception et installation du dit citoyen sera annexé à la pétition dont s’agit pour le tout être mis le plus incessament possible sous les yeux de l’administration à laquelle le conseil ose recommander avec confience l’avancement de la jeunesse et la juste récompense de son instituteur et que pour remplir ce double objet, la pétition portera invitation au directoire de maintenir provisoirement l’instituteur aux fonctions qui luÿ ont été attribuées par la commune jusqu’à ce que la cessation de ses maux et la possibilité de voyager luÿ permettent de remplir les dispositions de la loi. »

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Comment s’est terminée cette situation ?

Comme le Directoire avait abandonné l’idée de salarier les instituteurs, faute de moyens, il n’y a eu sûrement aucune difficulté à remédier au problème vers une situation favorable. Les instituteurs reçoivent comme sous l’Ancien Régime une rétribution des élèves de laquelle certains peuvent être dispensés de payer pour cause d’indigence.

Le système métrique remplace les anciennes mesures. L’enseignement comprend savoir lire, savoir écrire et savoir calculer. C’est l’agent municipal qui dirige la commune qui doit se débrouiller pour trouver parmi ses concitoyens une personne capable d’enseigner. Cet agent municipal doit contrôler une fois par mois que l’instituteur respecte les dispositions prévues.

Et les filles ? Madame Ferrié, que beaucoup d’anciens connaissent car elle aidait le curé à donner des cours de catéchisme dans les années 1960, prétendait qu’un groupe de religieuses occupait un bâtiment au Tapiau. Mais dans l’histoire du diocèse de Rieux dont dépendait la paroisse de Mondavezan, il est indiqué l’existence d’un prieuré d’hommes à Mondavezan mais pas la présence d’un prieuré de femmes sur la commune.

De 1795 à 1799, les archives communales existantes ne mentionnent rien sur l’état de l’enseignement scolaire sur Mondavezan mais il a dû continuer d’exister. Souvent, des habitants instruits faisaient fonction d’instituteurs plus ou moins bénévoles.

En 1798, la convention institue les fêtes nationales qui se déroulent le jour de décadi : fêtes de l’agriculture, des victoires, des époux, de la jeunesse, de la juste punition du dernier tyran des français, de la reconnaissance et de beaucoup d’autres raisons. Les instituteurs sont obligés d’y paraître avec ses élèves, à y prononcer des discours sur le sujet du jour.

    suite   ♦  L’ENSEIGNEMENT DE 1799 À 1824,   de Napoléon à Charles X